Plateforme Internationale pour l’Alimentation et l’Agriculture Numériques : les points forts à retenir du dialogue organisé par la FAO

Dans la perspective de la création par la FAO de la plateforme internationale pour l’alimentation et l’agriculture numériques, #DigitAg a été invité à partager la vision de la recherche.

Le 3 Décembre 2020 avait lieu à la FAO un Dialogue de Haut-Niveau autour de la création de la « Plateforme Internationale pour l’Alimentation et l’Agriculture Numériques ». Cette initiative de la FAO est née de la demande exprimée lors de la 12ième Conférence de Berlin par 72 ministres de l’agriculture, réunis à l’occasion du GFFA « Forum mondial de l’alimentation et de l’agriculture » en janvier 2020, et qui a été approuvée par le Conseil de la FAO en juillet dernier. Cette plateforme multi-acteurs aura pour fonction d’offrir un espace de débat multipartite sur les orientations à mettre en œuvre pour renforcer le potentiel des applications numériques pour l’alimentation et l’agriculture, mais aussi sur la manière de relever les défis qui y sont liés.

#DigitAg a été sollicité pour donner la vision de la recherche dans une audition de 5 minutes. Véronique Bellon-Maurel a présenté cette vision sur la base d’une note de synthèse préparée avec Pascal Bonnet, responsable des relations internationales de #DigitAg. Cette note s’est aussi appuyée sur les retours d’une douzaine de doctorants (et leurs encadrants) de #DigitAg.

Véronique Bellon Maurel et Pascal Bonnet ont retenu de ces échanges plusieurs points en très forte résonance avec les recherches engagées à #DigitAg :

M QU Dongyu, Directeur général de la FAO, a insisté lors de ces interventions sur l’importance d’intégrer la petite agriculture en tant que bénéficiaire final, d’aborder la formation et les épineuses questions liées à l’usage des données privées des agriculteurs et éleveurs.

Maxime Torero Cullen, chef économiste FAO et porteur de la Plateforme, a présenté les enjeux de la plateforme en rappelant que « la révolution numérique aura lieu en agriculture, il faut s’y préparer ».

Les deux intervenants des grandes entreprises du numérique (Vineet Durani, Director Agri-Food Industry, Azure Global, Microsoft Corporation et Hendrik F. Hamann Chief Scientist for Geoinformatics and AI Applications, International Business Machines IBM) ont beaucoup insisté sur l’accès aux données et ont souligné le manque de formations et de masses critiques en data scientists dans le secteur agricole.

Côté organisation du développement, Rikin Gandhi (Directeur exécutif de Digital Green) a souligné que les systèmes alimentaires étaient en train de se décentraliser de plus en plus (territorialisation), et qu’il faudrait des outils pour accompagner cette décentralisation. Il a insisté sur les enjeux très forts de la formation et du capital humain: « La technologie n’est pas la solution miracle, il faut aller au-delà de la technologie ».

Côté utilisateurs, Arianna Giuliodori (secrétaire générale de WFO-OMA, Organisation Mondiale des Agriculteurs) a énoncé les freins, remontés d’une consultation d’avec leurs membres. Elle réclame « une innovation numérique pilotée par les agriculteurs, avec une reconnaissance de leur rôle en tant qu’acteur principal ». Ce recentrage sur les utilisateurs est l’essence même du Living-Lab Occitanum que nous avons lancé cette année (www.occitanum.fr).

En conclusion, un très intéressant dialogue, qui montre que #DigitAg mène des recherches au cœur des préoccupations des politiques au plus haut niveau.

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