Des collégiennes en immersion métiers du numérique & agriculture

Durant 5 jours, du 17 au 21 décembre 2018, des équipes membres de #DigitAg ont accueilli 5 collégiennes de la Cité Scolaire Françoise Combes à Montpellier pour un parcours en immersion dans le monde de la recherche en agriculture numérique. Le sens de cette action était de sensibiliser aux sciences dures et au numérique des jeunes filles qui réfléchissent à leur orientation, et ce, dès leur stage de troisième. « Osez les sciences dures ! » est le message, car les femmes sont encore sous-représentées dans ces secteurs. L’agriculture numérique, où ces disciplines sont très présentes, a été un terrain idéal pour découvrir métiers et objets de recherche, grâce à l’implication de nombreuses équipes Irstea, Inra, Cirad, Inria, Université de Montpellier et Montpellier SupAgro.

Priorité au numérique et à l’innovation dès le collège

La Cité Scolaire Françoise Combes, collège et lycée d’enseignement général et technique montpelliérain porte le nom d’une enseignante-chercheure en astrophysique de renom.

Mme Anne Mayard, sa proviseure, souligne la place du numérique et de l’innovation dans les priorités de son projet pédagogique. « Ce partenariat s’inscrit aussi parfaitement dans le Parcours Avenir de l’établissement, qui accompagne tous les élèves dans l’élaboration de leur projet personnel d’orientation, en mettant l’accent sur l’émergence d’une ambition dans des domaines professionnels peu connus et porteurs. » précise-t-elle.

L’origine de cette action découle de la volonté du Conseil Stratégique de donner aux plus jeunes le goût des sciences dites dures, informatique comme mathématiques et physique. notamment d’Anne-Lucie Wack, membre de l’association « Femmes et Sciences ». « Les choses s’améliorent mais on peut encore mieux faire ! Un exemple fort en enseignement supérieur : il y a 10 ans, la formation AgroTIC comptait une fille pour 10 élèves-ingénieurs, aujourd’hui cela s’équilibre. Ici, il s’agit d’agronomes qui acquièrent une double compétence, dans les filières sciences dures, il y a encore des besoins importants pour équilibrer les promotions. En recherche on retrouve aussi des femmes dans ces secteurs, en entreprise c’est plus compliqué, il n’y en a pas assez. » souligne Véronique Bellon-Maurel.

Au coeur des laboratoires

Amel, Chavéti, Adelina, Louhanne et Sara ont découvert ce monde grâce à des présentations de projets AgTech, mais aussi à des ateliers et des démonstrations auxquels elles ont pu prendre une part active. Le programme évoquait la diversité des champs d’application : « L’élevage de précision quézaco ? », « Des capteurs embarqués sur des drones pour aider à la création de variétés de pommiers adaptées au changement climatique », « Qu’est ce que la fouille de données, l’apprentissage, l’intelligence artificielle ? », « Que faire de toutes les données récoltées et des résultats de recherche ? Par exemple visualiser des données de thèse sur la peste porcine africaine », « Voir les plantes respirer avec l’imagerie hyperspectrale », « Comment protéger les plantes cultivées tout en se passant des pesticides ? », « Un système d’information pour le phénotypage haut-débit de plantes, ça sert à quoi ? », « Les images prises par satellite : comment les récupère-t-on ? Qu’en fait-on ? », « Produire une carte d’occupation des sols au Sénégal », « Comment savoir quels outils numériques seront utiles aux agriculteurs ? »…

Tout au long de la semaine, elles ont aussi appréhendé les coulisses d’une expérience grâce au un fil rouge recherche concocté par Véronique Bellon-Maurel (Irstea & #DigitAg), Pierre Joram (startup GreenHouse Keeper) et Maxime Ryckwaert (doctorant Irstea-Limagrain) : comment construit-on un plan d’expérience ? Comment la suit-on ? Quels résultats obtient-on ? Elles ont concrètement suivi et analysé la croissance de plantes cultivées dans une serre connectée.

Le jeu de rôle de la Boîte à Métiers Recherche de Science Animation , des rencontres-métiers avec des femmes spécialistes de ces sciences et technologies, et des représentants des métiers d’acccompagnement leur ont montré la diversité qui s »offre à elles pour travailler dans ce milieu.

 

 

On débriefe !

Je pensais que c’était secret, qu’on ne rentrerait pas dans les labos, qu’on verrait juste des plantes

J’ai adoré « voyager » de laboratoire en laboratoire, faire et découvrir de nouvelles expériences

J’ai aimé découvrir des capteurs que je ne connaissais pas et l’antenne satellite

J’ai été émerveillée par le nombre de données récoltées à la seconde !

On a pu faire fonctionner notre tête, ça c’était cool

J’ai adoré la schématisation de la croissance des plantes

Ces métiers demandent beaucoup de responsabilité et d’expérience

Je voudrais connaître d’autres doctorantes

J’ai aimé… piloter un drone, jouer pour découvrir des métiers et le jeu d’échecs de l’Agro !

Amel, Chavéti, Adelina, Louhanne et Sara ont dressé un bilan positif de leur semaine, notée « Vert +++ ». Leur perception du monde de la recherche et leur ressenti métiers a évolué entre leur accueil et la fin de la semaine.  Le goût pour l’expérimentation et la transmission s’est révélé, l’intérêt pour certaines disciplines ou métiers aussi. Peut-être de futures électroniciennes, informaticiennes, data managers, mais aussi agronomes, chercheures et enseignantes-chercheures ? De retour en classe elles exposeront cela à leurs camarades et enseignants lors de temps d’échange dédiés.

De nouvelles perspectives

L’action sera reconduite l’an prochain et d’autres idées de médiation scientifique émergent, qui seront abordées en conseil stratégique. « La décision d’introduire la discipline « Numérique et sciences informatiques » dans les programmes de lycée est une bonne chose.. A l’avenir nous pourrions envisager des stages en direction des lycéennes. » indique Véronique Bellon-Maurel qui conclut : « Et au-delà de susciter des vocations au sein d’un groupe accueilli chaque année par #DigitAg, il y a aussi l’idée de donner à d’autres acteurs du secteur l’envie de proposer à leur tour des stages en direction des filles ! »


Contacts communicationCarole Giansily, #DigitAg – Colette Fatou, Irstea – Christine Riou, Inra – Béatrice Louvet-Bacle, Cirad – Virginie Fèche, Univ. Montpellier-Inria (Lirmm) – Ghyslaine Besançon (Montpellier SupAgro)