Mission « Agriculture numérique » en Israël, 7-8 mars 2018


A l’invitation du Ministère israélien de la Recherche et de la Technologie et de l’Ambassade de France en Israël, une délégation française s’est rendue à Tel Aviv les 7 et 8 mars. Au programme un workshop franco-israélien “Digital Agriculture”, des rencontres et des visites de terrain. Parmi les 8 personnes de la délégation, plusieurs scientifiques de l’Inra, d’Irstea et d’Arvalis ont fait le voyage, dont des membres de #DigitAg*. Véronique Bellon-Maurel, directrice de l’Institut Convergences revient sur les temps forts des journées et sur les suites envisagées.

 

Quel était l’objectif de la mission ?

[V. B.-M.] :  Mieux se connaitre avant de préparer un appel à projets Maimonide Partenariat Hubert Curien. L’AAP PHC est mis en œuvre par le ministère de la Science et de la Technologie israélien (MOST) et en France par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI). Son objectif est de développer et renforcer les échanges scientifiques et technologiques d’excellence entre les laboratoires de recherche des deux pays par de nouvelles coopérations.

Cette mission avait pour objectif de connaître les forces en présence en agriculture numérique et robotique pour préparer l’AAP qui financera les échanges de doctorants, post-docs et chercheurs permanents. L’appel d’offre devrait être lancé au printemps. Nous sommes à la disposition des chercheurs de #DigitAg pour les aider à identifier des laboratoires d’intérêt pour un projet commun.

Le premier jour était consacré à un séminaire scientifique : que peut-on en retenir ?

Je retiendrais en particulier les travaux suivants :

Eyal Ben-Dor (Tel Aviv University) a présenté l’importance de la télédétection pour la connaissance des sols, mais aussi de la mesure de l’émission passive via des caméras thermiques, très utile pour estimer par exemple le taux de Phosphore. Il dispose d’une base de données de 6000 échantillons, qu’il a traité avec le logiciel de data-mining Paracuda.

Victor Alchanatis (Volcani Center), sur la combinaison d’images satellite et d’images en infrarouge thermique pour bénéficier simultanément des propriétés de large couverture spatiale (image satellite) et de la résolution temporelle et spatiale de l’imagerie thermique, ainsi que de sa spécificité.

Raphael Linker (Technion, Israel Institute of Technology) a présenté un système de mesure automatique de la charge des pommiers basé sur la vision artificielle, encore en  développement.

Yael Edan (Ben-Gurion University of the Negev) , a montré comment son université aborde le développement de robots agricoles , par exemple de récolte des melons, en combinant des fonctions effectuées facilement par les humains, comme la reconnaissance des melons mûrs, avec des fonctions facilement exécutées par les robots (tels que la collecte et l’emport des melons). Elle recommande de « garder l’opérateur dans la boucle » et d’optimiser le couplage humain/ robot,  mais aussi de bien identifier les implications sociales, positives ou négatives, de la mise en place de robots.

Enfin, Ilan Halachmi, du Volcani Center, a présenté diverses avancées en élevage de précision.

Côté français, 4 chercheurs membres de #DigitAg ont présenté les avancées en numérique : Ludovic Brossard (INRA, UMR PEGASE) sur l’élevage de précision, avec les thèses sur le sujet dans #DigitAg, Benoît de Solan (Arvalis, UMT CAPTE) sur le phénotypage haut-débit, Pierre Labarthe (UMR AGIR), sur les impacts sociaux de la numérisation de l’agriculture, en particulier sur le conseil… et moi-même sur les capteurs optiques.

S’ajoutaient les présentations de Christian Huyghe (INRA Département Agriculture et environnement), en introduction sur la digitalisation de l’agriculture et de Miche Berducat (Irstea Clermont-Ferrand) sur la 2ème génération de robots agricoles. Et bien sûr, j’ai présenté l’institut Convergences Agriculture numérique.

 

 

Le deuxième jour était consacré à la visite d’une entreprise et d’un centre de recherche. Qu’est-ce qui a retenu votre attention ?

Nous avons visité NETAFIM, une entreprise de production et vente de matériels d’irrigation, qui compte 4300 employés dans le monde. Depuis 2 ans, ils se sont lancés lancé dans l’irrigation de précision. A l’aide d’images satellite Sentinel et de quelques mesures de tensiométrie, ils pilotent l’irrigation de la vigne par des applications à dose variable, Ils ont pu gagner 17 % en rendement, en économisant 20% de l’eau. NETAFIM a aussi des clients californiens pour les arbres fruitiers et les amandes.

Netafim : halle expérimentale
Une partie de la délégation française chez Netafim

 

La seconde visite était au ARO, Agricultural Research Organisation – Volcani Center. Le centre regroupe l’essentiel des forces de recherche agronomique en Israël, avec plus de 1100 personnes, dont 300 étudiants. La partie Agriculture Numérique est portée par 2 départements : le département zootechnie,  avec l’élevage de précision et le département agricultural engineering  (resp. :  Victor Alchanatis ) avec des travaux sur la thermographie infrarouge (mesure des stress hydriques), la spectrométrie infrarouge (qualité des produits et détection précoce des stress), l’usage des drones et les biocapteurs.

 

Victor Achalanatis montre un piège à insectes connecté

Dans la salle des drones du ARO Volcani Center. Au deuxième plan, un drone espagnol (autonomie : 2h, emport : 2 kg)

 

*  Membres #DigitAg : Pierre Labarthe (Inra Toulouse UMR AGIR), Ludovic Brossard (Inra Rennes UMR PEGASE), Benoit de Solan (Arvalis Institut du Végétal) et Véronique Bellon-Maurel (Irstea, #DigitAg).
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